Charlotte et moi, nous nous reposons quelques jours aux Maldives et je ne résiste pas au plaisir, grâce à Internet, de vous écrire quelques lignes depuis cet endroit paradisiaque. Non pour vous redire ce qu’en disent déjà les brochures touristiques, mais plutôt pour vous envoyer un rapide "scan" sur la vraie réalité de ces îles.
D’abord, les Maldives ne se limitent pas à un seul lieu. Situé à 450 km au sud-ouest de l’Inde, l’archipel est constitué de 1 199 îles dont 202 seulement sont habitées. Elles sont regroupées en 22 atolls dont chacun porte le nom d'une lettre de la langue divehi parlée aux Maldives. Seconde particularité, la superficie des terres émergées est de 227,45 km2 sur les 21 372,72 km² que compte le pays. Cela donne une idée de la surface occupée par les lagons, des prodigieux paysages marins que cela suppose et de l'activité à laquelle Charlotte et moi nous adonnons : la plongée.
Sur terre, les îles culminent à 3 mètres d’altitude, le changement climatique les menaçant de disparition. En attendant ce funeste avenir, la douceur du climat, la beauté des paysages, des lagons, l’attraction des fonds sous-marins à la flore et faune incomparables ont permis un boom touristique depuis 1980. Des hôtels réservés aux étrangers ont déjà été bâtis sur plus de 87 îles. Chacune est, ainsi, devenue un resort exclusif ou île-hôtel. Beaucoup sont magnifiques et parfaitement adaptées à une clientèle occidentale pressée, exigeante et aisée (environ 600 000 touristes dont 75 % d’européens et un quart d'italiens ...).
Tout cela serait beau et digne d’émerveillement si de nombreux environnements n’avaient pas été dégradés. C’est le cas de la capitale surpeuplée de Malé dont la surface insulaire est intégralement recouverte par des bâtiments qui ne peuvent plus pousser… qu’en empiétant sur la mer. Par ailleurs, toute la législation locale est basée sur la charia. Les croyances non musulmanes sont interdites aux citoyens et les étrangers ne peuvent les exhiber en public. Enfin, une ségrégation stricte interdit l’accès aux hôtels aux habitants des Maldives. Tout cela illustre les paradoxes entre tourisme international et rigueurs islamiques !
Allez, je retourne nager dans le lagon et reviens bientôt vous reparler de ces îles, notamment celle sur laquelle je réside.
Didier MOINEL DELALANDE
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