Il est deux endroits au monde qui me fascinent discrètement : la rue K-Street à Washington et l’avenue Cortenbergh à Bruxelles. Elles concentrent la majorité des agences de lobbying de ces deux villes. Et alors me direz-vous ! Et bien, je vous rappellerai que ces agences sont au nombre de 40 000 à Washington et de 20 000 à Bruxelles. Resterez-vous encore tout aussi indifférents ? Bon, comme vous voulez... Alors, je rajouterai que ces agences ont comme rôle, exclusif, d’influencer les décideurs politiques qui sont… nettement moins nombreux! Ou que L'argent dépensé par les groupes de pression, via le lobbying, auprès des autorités américaines, est de l’ordre de 2,5 milliards de $. C’est donc une « affaire » sérieuse. 
On pourrait la définir, un peu naïvement, comme les actions d’influence menées dans l’intérêt de l’ensemble de la communauté. Il y a, évidemment, de grandes disparités d’un pays à l’autre. Si, par exemple, le lobbying entre dans les bases mêmes de la Constitution américaine et si, au Quebec, il est considéré comme un mode d’expression des citoyens envers les autorités étatiques, ce terme conserve une connotation péjorative en France. Les lobbies y sont perçus, en effet, comme défendant des intérêts particuliers aux dépens de l’intérêt général. Et cela, dans un climat d'opacité et l’absence d'un encadrement suffisant sur le plan législatif. Cette mauvaise réputation s’est, d’ailleurs, renforcée avec les récentes crises sanitaires (amiante, sang contaminé, farine animale, éthers de glycol...). A ces occasions, le rôle des groupes de pression industriels a été jugé comme minimisant les risques grâce à l'action de cabinets de lobbying. Il a été clairement dénoncé par les chercheurs scientifiques et les associations de victimes. Quel avis éclairé avoir sur tout cela ?
Pour ma part, je dirai que, comme toujours, les meilleurs intentions produisent de bons résultats ou de mauvaises choses selon l’usage que l’on en fait. Je considère, donc, le lobbying comme utile et nécessaire mais coûteux et pernicieux si les objectifs des groupes de pression sont trop partisans. Et puis, comme je ne suis pas un grand spécialiste du sujet même si, en tant que citoyen, je ne peux m’en désintéresser, je renverrai à la tradition tocquevillienne qui souligne l'importance de la société civile et de la prise en compte de ses revendications par l'État. Mais, en contre-jour, l'inégalité de la puissance des groupes d'influence auprès des instances de décision politique est la principale objection adressée à ce bon principe : à Bruxelles, par exemple, 90% les lobbyistes interviennent essentiellement pour des groupes industriels et financiers! Tout est dit, je crois…
Lobbying must be less overt!
There are two places in the world which I am secretly fascinated about: K-Street in Washington and Cortenbergh Avenue in Brussels. Most of the lobbying agencies of these two cities are located here. So what? You might say! Well, I'd like to point out that there are 40,000 such agencies in Washington and 20,000 in Brussels. Still not interested? OK, each to his own... But I'd like to add that the sole purpose of these agencies is to influence political decision makers, of which there are far fewer! Furthermore, through their lobbying activities, pressure groups spend in the region of $2.5 billion on the American authorities. So it is a serious business.
It could be defined, slightly naively, as working to influence change in the interests of the whole of the community. The situation is obviously very different from one country to another. For example, lobbying is at the very heart of the American constitution, and in Quebec it is considered as a means for citizens to express their point of view to the state authorities, however, in France the term still has negative connotations. Indeed, here lobbies are perceived as bodies which defend individual interests to the detriment of the common good. And all of that in an environment lacking both in transparency and in sufficient legislative frameworks. This reputation has become worse with the recent public health sector crises (asbestos, contaminated blood, bone meal, glycol ethers, etc.). At the time, industrial pressure groups were judged to have minimised the risks, thanks to the work of lobbyists. This was strongly denounced by the scientific community and victims' associations. What can we make of all of this?
Personally, I would say, as always, that the best intentions can lead to both good and bad outcomes, depending on how they are put to use. Therefore, I consider lobbying to be useful and necessary, but also costly and pernicious if the pressure groups have aims which are too partisan. And as I am no specialist on the matter, even if, as a citizen, I can't help but be interested, I'd like to refer to the Toquevillian vision which highlights the importance of civil society and the state's role in taking into account its demands. However, the main objection to this principle lies in the unequal levels of influence these groups have on political decision makers: in Brussels, for example, 90% of lobbyists work primarily for industrial and financial groups! I think that says it all...
Didier MOINEL DELALANDE