Les vacances de Monsieur Hulot

lesvacancesdemrhulotJacques Tati nous revient avec son solex et cette étrange silhouette signant une époque tricotée au Formica & Aronde, Nylon & Tergal, Corbusier & Trigano. Remastérisé, le film « Les vacances de Mr Hulot » est un bijou suranné pour éclairer  nos propres désarrois. Le succès de cette reprise cinématographique tient au fait que nous approchons, nous-même, d’une nouvelle révolution sociétale, dure héritière des « trente glorieuses » de Tati. Car quoi, le regard que portait sur les années 60, cette grande perche tendre et ironique, je me demande si nous ne le portons-nous pas nous-mêmes sur les premières incohérences d’un 3ème millénaire abordé en direct.  Certes, on est passé du 22 à Asnières à l’Ipod, de la 4 CV aux BMW, de Ménie Grégoire à Fast Book, de l’ORTF vacillante à la TV plasmatique, des pelleteuses Caterpilar aux prouesses quantiques, de la méthode Ogino à la pilule du lendemain, de la famille franchouillard aux tribus recomposées, de la Sécurité Sociale à la Sécurité en Rien, de Dieu le père au Dalaï lama, du matérialisme prometteur au clinquant désespérant, de la pensée euclidienne réductionniste à l’intelligence mondiale interconnectée.. Mais, en fait, rien ne change dans l’âme humaine, experte à dénigrer les acquis et à s’enflammer pour la nouveauté provisoire. Alors, à époque charnière, film charnière… Courez voir ou revoir Jacques Tati et ne vous gênez pas pour regretter un peu que nos cinéastes d’aujourd’hui n’aient eu son talent pour concocter un film original sur un temps qui est désormais le nôtre.

A remastered version of ‘Les vacances de Monsieur Hulot’
Jacques Tati returns with his famous Solex bicycle and his strange silhouette recalling an era marked by Formica & Aronde, Nylon & Tergal, and Corbusier & Trigano. The remastered version of the old classic ‘Les vacances de Mr Hulot’ seems to bring into focus our own confusion. I wonder if the success of this cinematographic cover is not something to do with the fact that we, ourselves, are approaching a new societal revolution, the harsh heir of the ‘thirty glorious years’ that Tati knew. And I wonder if there are not parallels in the way that this tender and ironic man saw the 60s and the way we ourselves are questioning the first incoherencies of a 3rd millennium coming at us ‘live and exclusive’. Yes, we have gone from the switchboard service to the Ipod, from the 4 CV to the BMW, from radio news flashes to the Fast Book, from fuzzy broadcasts to plasma screens, from lumbering Caterpillar machinery to quantum prowess, from the Ogino method of natural contraception to the morning-after pill, from the straightforward family to ‘recomposed’ tribes, from Social Security to No Security, from God the father to the Dalai Lama, from promising materialism to hopeless bling bling, from reductionist Euclidian thought to interconnected global intelligence. But, in fact, nothing has changed in the human soul, which is expert in denigrating what has been built up and going wild about fleeting innovations. So, at a crux moment, here is a crux film… Hurry to see Jacques Tati for the first or the hundredth time and don’t feel bad about regretting that today’s filmmakers do not have his talent for concocting an original film about an age which is now ours.

Didier MOINEL DELALANDE

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