Magnifique Désert

Le Palace, lieu mythique dont la réputation à fait le tour du monde notamment pour ses folles nuits des années 1970-1980. Je me souviens y avoir dansé jusqu’en 1983 … des folles nuits parisiennes en effet ! Le lieu est redevenu, en 2009, la salle de théâtre qu’il était à l’origine. Après des travaux gigantesques, deux belges d’origine albanaise, les frères Vardar, tentent de ramener à la vie ce lieu emblématique qui agonisait dans l’indifférence générale. Mais voilà, ce n’est pas tout d’injecter des millions d’euros dans la reconstruction de cette salle (bien que le résultat soit impressionnant) et tout en lui conservant son nom prestigieux. Encore faut-il redonner, à la nouvelle programmation, un style, un souffle, un rythme, une personnalité, etc. Malheureusement, à ce sujet : c’est assez catastrophique. Rien ou presque. Pourquoi les Vardar, pourtant déjà propriétaires des salles de la Grande Comédie et de la Comédie République, sont-ils en train de se « planter » dans leur volonté de revitalisation du Palace. Je n’en sais rien et j’espère me tromper. Mais voyez les prochains spectacles : après la sempiternelle Comédie musicale Hair, en juin et juillet, le comique Pascal Légitimus occupe la salle du 11 octobre 31 décembre. Rien entre Juillet et Octobre… C’est à tourner les talons de déception devant l’offre de cette superbe nouvelle salle de 970 places. Devant une programmation aussi désertique, revenons un peu sur le passé, le temps d’une nostalgie qui réveillera des souvenirs agréables chez beaucoup d’entre nous.

lepalace

Le Palace a été, de 1978 à 1983, l’endroit parisien par excellence où se sont cristallisées les relations entre la mode, la musique, le « chic parisien » et la culture underground. Il fut inauguré, exactement, le 1er mars 1978. Les serveurs étaient vêtus de costumes rouge et or, dessinés par le Thierry Mugler. Le maître des lieux, Fabrice Emaer, ouvrit cet espace avec un show mémorable de Grace Jones. Très vite, Le Palace devient la discothèque la plus (et la mieux) fréquentée de la capitale. Les soirées à thèmes s’y succédèrent. Les couturiers Kenzo, Karl Lagerfeld, Claude Montana, Jean-Charles de Castelbajac… y organisèrent des défilés et des fêtes. Prince y donna son premier concert. Puis, en 1980, Fabrice Emaer ouvrira, sous Le Palace, un restaurant / discothèque privé, Le Privilège. Il était réservé à la jet set et aux princes et princesses de la nuit pour qui la trop grande mixité sociale du Palace « cassait les codes ». La décoration du lieu fut confiée au grand peintre  Gérard Garouste et la création du mobilier à son épouse, Elisabeth Garouste. On y croisait, dans une décontraction follement snob, Karl Lagerfeld, Roland Barthes, Mick Jagger, Andy Warhol, Frédéric Mitterrand, Andrée Putman, Jean-Paul Goude, Kenzo, Yves Saint-Laurent, Alice Sapritch, Thierry Le Luron, Yves Mourousi et mille autres « beautiful people ». Mais Fabrice Emaer tomba malade. Le Palace déclina et ferma une première fois en 1982. Terrassé par un cancer des reins, Fabrice Emaer meurt en 1983. Ce fut la fin d’une magnifique époque nocturne ! De Profondis Palace. Le Privilège quant à lui a réouvert ses portes toujours sous le théatre

Magnificent Desert
Le Palacelepalacefacade is a mythical venue whose reputation has spread around the world, especially for its crazy nights in the ‘70s and ‘80s. I remember having danced there until 1983… And yes, they were indeed crazy Parisian nights! In 2009 the venue was reconverted back to its original vocation of a theatre. After colossal renovation works, two Belgians of Albanian origin, the Vardar brothers, tried to bring this emblematic venue back to life despite the reigning climate of general indifference. But there is it, proof that it is not enough to inject millions of Euros into the reconstruction of the theatre (even if the result is impressive) while preserving its prestigious name. The key is to give the new line-up a style, impetus, pace and personality. Sadly, on this front the result is nigh on catastrophic. Nothing or practically nothing. Why are the Vardar brothers, who already own the Grande Comédie and Comédie République theatres, making such a mess of reviving Le Palace? I have no idea and I hope that I will be proved wrong. But the upcoming shows: after the never-ending musical Hair, in June and July, the comedian Pascal Légitimus will take to the stage from the 11th of October to the 31st of December. And a gaping hole between July and October… The deception of the agenda of this superb new 970-seat theatre is enough to make you turn tail and run. In the face of such an uninspiring line-up, I am tempted to look back nostalgically at its heyday and a time that will revive good memories for so many of us.
Between 1978 and 1983, Le Palace was one of THE places to be in Paris and a melting pot of fashion, music, Parisian chic and underground culture. It opened its doors, to be precise, on the 1st of March 1978. To give you an idea of the style, its waiters were decked out in red and gold suits designed by Thierry Mugler and the owner, Fabrice Emaer, launched the venue with a memorable show by Grace Jones. Very soon Le Palace became the capital’s most popular discotheque and boasted a very desirable clientele. It became famous for its fabulous theme nights. The fashion designers Kenzo, Karl Lagerfeld, Claude Montana, and Jean-Charles de Castelbajac, to name but a few, chose the venue for their shows and parties and the pop star Prince gave his first concert there. Then, in 1980, Fabrice Emaer opened a private restaurant/discotheque called Le Privilège underneath Le Palace. It was reserved for the jet set and the princes and princesses of the night who considered that the social diversity of Le Palace was too much of a break with tradition. The decoration was entrusted to the great painter Gérard Garouste and the furniture design to his wife, Elisabeth Garouste. In this relaxed but fantastically snobbish environment one could rub shoulders with the likes of Karl Lagerfeld, Roland Barthes, Mick Jagger, Andy Warhol, Frédéric Mitterrand, Andrée Putman, Jean-Paul Goude, Kenzo, Yves Saint-Laurent, Alice Sapritch, Thierry Le Luron, Yves Mourousi and countless other ‘beautiful people’. But Fabrice Emaer fell ill. The glitz of Le Palace began to wane and it would close for the first time in 1982. And when Fabrice Emaer died in 1983, struck down by kidney cancer, it was the end of a magnificent era of Parisian nightlife! And the end of Le Palace as we knew it. Meanwhile, Le Privilège has once again reopened its doors underneath the theatre

Le Palace
8 rue du Faubourg-Montmartre 75009 Paris
Téléphone : 01 40 22 60 00
Palace Paris – www.theatrelepalace.fr
Le Privilege – www.privilege-paris.com

Didier MOINEL DELALANDE

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