Nuit Blanche

Je lis que la Nuit Blanche de Paris, du 2 au 3 octobre 2010, « sera apatride ». Tout cela va dans le sens d’un rapprochement des peuples et j’en suis heureux. Mais, sans trop sacrifier à un humour facile, je ferai remarquer qu’intituler un évènement culturel « Nuit blanche » pour y accueillir des artistes issus de l’immigration du Sud, reste un gag linguistique qui n’échappera pas aux plus perspicaces !

nuitblancheBon, trêve de plaisanterie, parlons un peu de cette nuit d’art contemporain, entièrement gratuite et festive. Le public découvrira le travail d’artistes internationaux visant à « magnifier l’intime contre le spectaculaire et le bling bling », selon la Mairie de Paris qui veut que « subtilité, poésie, melting-pot et diversité urbaine » soient les maîtres mots de cette édition 2010. Les œuvres et les manifestations seront exposées sur 3 territoires : l’Ouest parisien autour du pôle Alma – Trocadéro et des grandes institutions culturelles ; Le Centre de Paris autour des Îles Saint-Louis et de la Cité, des quais et du Marais ; enfin, l’Est parisien autour du quartier de Belleville. La profusion d’évènements prévus rendrait bien fastidieux de vous les présenter ici et j’invite à se renseigner sur le site. Pourtant, un de ces évènements a, plus particulièrement, capté mon attention par son originalité et je voudrais vous en dire deux mots. De quoi s’agit-il ? Hé bien, entre 19h à 7h du matin, La RATP et l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs proposent aux voyageurs de la ligne 9 de partager une performance visuelle inédite. La performance prendra place à la station Saint-Martin, condamnée depuis la seconde guerre mondiale. Cette « station fantôme » sera ressuscitée, le temps de la Nuit Blanche 2010, par les étudiants de l’École. Alignés le long du quai, ils donneront vie à une chronophotographie en trois dimensions. Chacun figé dans une pose, ils créeront avec leur corps une typographie au passage du métro, formant un mot qui pourra être lu par le voyageur. Tous les mots seront composés de l’anagramme des sept lettres contenues dans «Saint – Martin». Pendant un temps bref de 8 secondes, durée de passage du train à vitesse normale, les voyageurs auront la sensation d’un flash, presque une hallucination. Intéressant, non ? En résumé, je trouve fort bien l’ensemble de cette initiative de la Nuit Blanche. Elle a trouvé ses marques dans le calendrier festif des parisiens, trop souvent dévorés par les 3 « s » que sont le stress, les sous et la solitude. Un rêve d’une nuit où l’on pourra, pour reprendre les mots de Georges Didi-Huberman « voir apparaître des lucioles dans l’espace féroce de notre histoire présente ».

Bref, je vous souhaite une bonne nuit blanche, une bonne récupération et j’espère, pour l’hôtel, que certains dormiront quand même !

The ‘Nuit Blanche’ all-nighter of culture
I have read that the Nuit Blanche in Paris, from 2-3 October 2010, « will be stateless ». All this is heading in the direction of improving relations between peoples and I am glad about that. But, without falling too far into facile humour, I would point out that calling an event ‘Nuit Blanche’ when it welcomes artists issued from immigration from the South remains a linguistic gag that will not escape the most perspicacious amongst us!
But, joking aside, let’s take a closer look at this festive all-nighter of contemporary art, which also just happens to be completely free. The public will discover the work of international artists aiming to ‘magnify the intimate as opposed to the spectacular and bling bling’, according to the Paris City Hall which wants ‘subtlety, poetry, melting-pot and urban diversity’ to be the keywords of this 2010 edition. The works and events will be divided between 3 territories: the west of Paris around Alma–the Trocadéro and the major cultural institutions; the centre of Paris around Ile Saint-Louis and Ile de la Cité, the banks of the Seine and the Marais; and finally, the east of Paris around the district of Belleville. The sheer number of events planned would make it a difficult task to tell you about them all here so I invite you to visit the website for more information. However, the originality of one of these events caught my attention and I would like to say a few words about it. So what’s the story? Well, between 7pm and 7am in the morning, the RATP and the École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs are offering passengers on the metro line 9 the chance to see a very innovative visual performance. The performance will take place at the Saint-Martin station, which has been shut since the Second World War. This ‘ghost station’ will be resuscitated, for the duration of the Nuit Blanche 2010, by the students of this School of Decorative Arts who will stand in a line along the platform and create a three dimensional chronophotograph. Each frozen in a pose, they will use their bodies to create a typography the moment the metro passes, forming a word which the passengers will be able to read. All the words will be anagrams using the seven letters contained in ‘Saint-Martin’. For the space of 8 seconds, the duration of the passage of the metro at normal speed, the passengers will have the sensation of a flash, almost a hallucination. Interesting, don’t you think? To sum up, I am very impressed by all the aspects of this Nuit Blanche initiative. It has taken its place in the festive calendar of Parisians who are too often devoured by the 3 S’s which are stress, smackers and solitude! It is an all night dream during which we can, to quote Georges Didi-Huberman “see fireflies appearing in the ferocious space of our present history”.
In short, I wish you a good all-nighter of culture, I hope you manage to recover alright and I hope, for the hotel, that a few people will sleep all the same!

Nuit Blanche 2010
2 au 3 octobre 2010 / 19h à l’aube / dans plusieurs quartiers de Paris

Didier MOINEL DELALANDE

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