Fresque : angle de la rue des Dames et de la rue Biot

(c) Carnet aux petites choses
(c) Carnet aux petites choses

Cette fresque s’inscrit dans une série intitulée « Les murs de l’an 2000 ». Elle regroupe une dizaine d’œuvres qui obéissent au même principe : « faire réaliser de maquettes par des artistes peintres réputés et les faire réaliser en géant sur les façades » et en faire ainsi des « murs d’artiste ».

Celle-ci est réalisée d’après William Mackendree qui écrivit le projet en 1999. On y trouve deux fresques : l’une représente un homme de dos entouré de plusieurs visages, symboles et vignettes, l’autre montre un visage de femme de profil avec plusieurs sphères bleues qui semblent sortir de son esprit à côté d’une fleur de lys. On observe également le paysage d’une ville la nuit dans un médaillon bleu sous le visage.

William Mackendree exprime lui-même très clairement son intention avec ce travail « Rue des dames j’imagine l’égérie qui hante les lieux urbains et les gestes quotidiens. Ce nom et ce coin ont déclenché en moi un désir de voir les éléments les plus simples de la vie du quartier dans une rêverie énigmatique. La poésie visuelle de la rue comprend aussi un mode de langage plastique auquel j’ai voulu rendre hommage : celui des panneaux publicitaires – et particulièrement ceux des années 20-40, dont les images fantômes résonnent dans la texture visuelle de Paris. Leur hardiesse graphique communique aujourd’hui même un optimisme (qu’on peut dire comme audacieuse innocence) qui survit et dépasse le message utilitaire ou commercial. Leur monumentalité anime et enchante les volumes architecturaux – à cette échelle, les humbles produits du marché réverbèrent comme les pots de Chardin ou de Madeleine Proust. Il y a souvent un lyrisme inattendu créé par l’attitude, légèrement de guingois, des personnages et des objets qui habitent la scène. Parfois maladroits, ils révèlent par leur qualité fait main un peu de celui qui les a faits et de ceux qui vont les regarder. Mon objectif est d’amener le fil de cet état d’esprit dans l’ici et le maintenant et de trouver des sonorités entre présent et passé, entre image publique et fantasme privé ». 

(c) Outside@rt
(c) Outside@rt

Fresco: corner of Rue des Dames and Rue Biot
This fresco is part of a series entitled “Walls of the year 2000″. It’s a group of a dozen works that are all based on the same principle: « models created by well-known painters that are then used to create giant paintings on facades », thus creating « artists’ walls ».
This one was painted from a model created by William Mackendree, the artist who dreamt up the project in 1999. There are two frescoes: one depicts a man with his back to us surrounded by several faces, symbols and vignettes and the other shows a woman’s face in profile next a fleur-de-lis with several blue spheres that appear to be emerging like thoughts from her mind. An urban landscape at night is depicted in a blue medallion below the face.
William Mackendree has clearly stated the intention behind this work: “In Rue des Dames, I conjure up in the imagination the muses that haunt urban places and everyday acts. The street name (Ladies’ street) and this particular area triggered in me a desire to visualise the simplest elements of neighbourhood life in an enigmatic and dream-like setting. Visual street poetry also includes an art form to which I wanted to pay tribute: advertising posters, especially the ones from the 1920s to the 1940s whose ghostly images resonate in the visual texture of Paris. Even today, their graphic boldness still transmits a kind of optimism (call it audacious innocence if you will) that has outlived and surpassed the utilitarian and commercial message. Their sheer size brings life and charm to architectural spaces – on this scale, simple market produce resounds like Chardin’s pots or Madeleine Proust. An unexpected lyricism often emerges from the sometimes lopsided poses of the characters and objects in the scene. Their occasional awkwardness and their handmade feel afford a glimpse of the person that created them and the people that look at them. My aim is to bring the thread of that particular state of mind into the here and now, and find echoes between present and past, and between public image and private fantasy. »

Didier MOINEL DELALANDE

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