Le Pont Mirabeau, le bien connu

Plaque commémorative

Beaucoup ont entendu les vers d’Apollinaire « Passent les jours et passent les semaines/Ni temps passé/Ni les amours reviennent/Sous le pont Mirabeau coule la Seine », ils ont indéniablement contribué à la réputation de ce pont. Ils sont d’ailleurs encore visibles sur une plaque de bronze accrochée sur le pont. mirabeau

Les habitants des quartiers d’Auteuil et de Javel rattachés à Paris dans les années 1860 souffrent de l’absence de pont entre les ponts de Grenelle et de Garigliano séparés par une distance d’1.5 km. En 1891, le Conseil municipal décide de s’associer à d’éventuels travaux et, le 12 janvier 1893, le président de la République, Sadi Carnot, appose sa signature au bas d’un décret décidant l’implantation d’un nouveau pont 500 m en aval du pont de Grenelle. Pour faciliter le trafic fluvial à cet endroit où la Seine est la plus profonde (5,70 m) il est décidé d’installer deux piles assez proches des rives de façon à ce que la travée centrale soit à la fois surbaissée et la plus longue possible. Seul le choix de métal peut permettre cette réalisation. Pour la décoration du pont qui doit masquer en partie l’ossature de fonte, on fait appel au sculpteur Jean-Antoine Injalbert, prix de Rome en 1874. Celui-ci réalise plusieurs allégories féminines représentant la Ville de Paris et la Navigation ainsi que l’abondance et le commerce qu’on voit encore aujourd’hui. Ouvert aux piétons dès le 5 décembre 1895, le pont est ouvert aux véhicules le 20 avril 1896 dès le lendemain du jour où il passe avec succès l’épreuve des charges roulantes. Félix Faure inaugure officiellement l’ouvrage le 13 juillet 1897. Seul pont de Paris a porté le nom d’un acteur de la Révolution Française, le pont Mirabeau fait son entrée aux monuments historiques en 1975. En option, je vous propose un court passage du fameux poème d’un de nos plus grands poètes :
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l’onde si lasse
Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure
L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente

Pont Mirabeau
Par ignis — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1230482

Cette aquarelle est une oeuvre de Madame Colette BRUNELIERE

Pont Mirabeau
Many people will have heard the poem by Apollinaire: “Passent les jours et passent les semaines (The days pass and the weeks pass) /Ni temps passé (Neither past time) /Ni les amours reviennent (Nor past loves return) / Sous le pont Mirabeau coule la Seine (Under Pont Mirabeau flows the Seine)”. These lines have certainly played a part in making the bridge famous. Moreover, the words are engraved on a bronze plaque on the bridge.
The Auteuil and Javel districts became part of Paris in the 1860s but the people who lived there had no bridge between Pont de Grenelle and Pont de Garigliano that were 1.5 km apart. In 1891, the town council decided that it would contribute to the costs of building a new bridge and, on 12 January 1893, the French President Sadi Carnot signed a decree authorising the construction of a bridge 500 m upstream of Pont de Grenelle. To facilitate the passage of river traffic at this point where the Seine is deepest (5.7 m), the decision was made to build two abutment piers close to the riverbanks effectively making the central span longer than it was tall and as long as possible. This type of construction could only be done using metal as the building material of choice. The decoration of the bridge had to partially cover the metal framework, and sculptor Jean-Antoine Injalbert, winner of the Prix de Rome in 1874, was chosen to do the job. He created several female allegories representing the City of Paris, Navigation, Abundance and Trade. These can still be seen today. The bridge was opened to pedestrians on 5 December 1895 and to vehicles on 20 April 1896, the day after it successfully passed the moving-load test. Félix Faure officially opened the bridge on 13 July 1897. Pont Mirabeau is the only bridge in Paris named after a figure of the French Revolution, and it became a listed historic monument in 1975. As an optional extra, I’ve picked out a short passage for you from the famous poem by one of our greatest poets:
Tandis que sous (While underneath)
Le pont de nos bras passe (The bridge of our embrace flow)
Des éternels regards l’onde si lasse (Waves weary of the eternal gaze)
Vienne la nuit sonne l’heure (Comes the night strikes the hour)
Les jours s’en vont je demeure (The days vanish I remain)
L’amour s’en va comme cette eau courante (Love vanishes like water flows)
L’amour s’en va (Love vanishes)
Comme la vie est lente (How life is slow)
Et comme l’Espérance est violente (And how Hope is cruel)

Didier MOINEL DELALANDE

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