Le Café de la Gare

Je vais vous raconter brièvement la belle histoire de ce café concert qui est le plus ancien, le plus mythique de tous et qui, sans doute, a fait “son temps”, aujourd’hui, pour laisser la place à de nouvelles expériences théâtrales plus en phase avec l’actualité. Car, on ne “peut être et avoir été”. C’est cruel, souvent injustifié mais toujours ainsi. Donc, pour en revenir au Café de la Gare, il fut créé, en 1969, par une bande de copains qui retapèrent une vieille fabrique de ventilateurs, proche de la future gare Montparnasse. ses premiers acteurs-constructeurs-fondateurs sont Romain Bouteille, Coluche, patrick Dewaere, Miou-Miou, Martin Lamotte, Renaud. Coluche définira ainsi le mode de vie de la troupe : le “copinage en concubinage”. Chacun verse au pot commun ses modestes cachets. Le slogan du lieu est «c’est moche, c’est sale, c’est dans le vent». Et c’est vrai… Le succès pointe son nez. De premiers mécènes apparaissent pour soutenir cette expérience théâtrale basé sur l’humour débridé, le burlesque, la dérision intelligente, l’improvision, l’absence de hiérarchie où tout le monde “fait tout” : Parmi ces mécènes discrets j’aime à citer Georges Moustaki, Raymond Devos, Jean Ferrat, Jacques Brel, Leni Escudero, Pierre Perret, Jean Yanne. Et pour le fun, je vous signale la revue Hara-Kiri et même le magasin Inno-Montparnasse! Un public de plus en plus nombreux, arrive, chaque soir, pour voir ce théâtre de la dérision et de la farce. Il doit se plier à un rituel : tirer au sort le prix de sa place à l’aide d’une roue actionnée par les acteurs. Une fois assis sur les bancs, les spectateurs ont droit à une boisson ainsi qu’à un coussin qui leur est, généralement, jeté en pleine figure. Puis, la troupe du Café de la Gare s’agrandira avec Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, Rufus, Martin Lamotte, Thierry Lhermitte, Conine Serreau, Josiane Balasko, Anémone, Gérard Jugnot. Vous noterez au passage que la plupart de ces artistes ont fait de magnifiques carrières par la suite. Comme si, les gens de talent savait se reconnaître entre eux bien avant tout le monde! En 1972, le Café de la Gare déménage au 41 rue du Temple, dans le 4ème arrondissement et devient le plus grand café-théâtre de la capitale avec une salle de 450 places. Il offrit, alors, de rares moments de bonheur. Il fallait voir, à l’époque, Romain Bouteille, répondre à une question usant de l’antiphrase alors que toute dans son attitude incarnait la volonté de faire du théâtre un moment de fête :
lunettes tombant sur son nez, coupe de cheveux « naturelle », rigolant lui-même, à ses propres réponses… Mais tout cela devait se dégrader progressivement, les conflits apparaissant et chacun quittant progressivement la troupe originelle pour mener sa propre carrière.

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Mais soyons francs. Si, désormais, le Café de la Gare est une institution un peu « pépère », il fut à l’origine d’une multiplication de nouvelles compagnies. On en compte plus de 700, cette année, dans Paris et sa grande couronne. Ces jeunes compagnies entendent promouvoir un théâtre différent dans sa production et sa qualité artistique : déconstruction du récit, prolongement des actions hors du champ de vision ou intégration du spectateur dans le spectacle, sont à l’honneur dans des lieux nouveaux mais aussi dans la rue où le public est disposé à participer à ce théâtre festif. Alors,chapeau les artistes du Café de la Gare ! Et merci pour les immenses rires que vous nous avez donnés par la suite. Je rappellerai, par exemple, les dialogues entre Lhermitte, Anémone ou Miou Miou dans le cultissime «Le père Noël est une ordure».

Le Café de la Gare
I’m going to quickly tell you the lovely story of this dinner theatre, which is the oldest, the most mythical of all and which, undoubtedly, has now “served its time”, to leave space for new theatrical experiences more in sync with current times.  Because you can’t “be and have been”.  It’s cruel, often unjustified but always the same.  So, to get back to the Café de la Gare, it was founded in 1969 by a group of friends who revamped a ventilator factory, near the future Montparnasse station.  The founding members were Romain Bouteille, Coluche, Patrick Dewaere, Miou-Miou, Martin Lamotte and Renaud.  Coluche also defined the group’s way of life: friends living together.  Everyone put their modest contribution into the kitty.  The place’s slogan was “It’s ugly, it’s dirty, it’s going to happen”.  And it’s true…  Success showed its face.  The first patrons appeared to support this theatrical experience based on unbridled humour, burlesque, intelligent mockery, improvisation, the absence of hierarchy where everyone does everything.  Among these discrete patrons, I would like to mention Georges Moustaki, Raymond Devos, Jean Ferrat, Jacques Brel, Leni Escudero, Pierre Perret and Jean Yanne.  And for fun, I’ll mention the Hara-Kiri revue and even the shop Inno-Montparnasse!  More and more people arrived each evening to watch this show of mockery and farce, submitting to the ritualistic drawing of the entry fee by the spinning of a wheel by the actors.  Once sitting on the benches, the spectators were allowed a drink as well as a cushion, which was normally thrown straight at them.  Then, the Café de la Gare troop grew with Gérard Lanvin, Gérard Depardieu, Rufus, Martin Lamotte, Thierry Lhermitte, Conine Serreau, Josiane Balasko, Anémone and Gérard Jugnot.  You will see that most of these artists have had fantastic careers since.  As if the talented people knew how to spot each other long before anyone else!  In 1972, the Café de la Gare moved to 41 rue du Temple, in the 4th district and became the largest dinner theatre in the capital, with 450 seats.  Then it offered rare moments of joy.  At the time, you had to see Roman Bouteille, responding to a question ironically when everything in his attitude showed his desire to make of the theatre a moment to celebrate:
His glasses falling down his nose, a “natural” haircut, laughing at his own responses… But all that would progressively deteriorate, with cracks appearing and everyone gradually leaving the original troop to lead their own career.
But let’s be frank.  If now, the Café de la Gare is an institution “for old men”, it was at the origin of an increase in new companies.  There are more than 700 of them, this year, in Paris and its surroundings.  These young companies want to promote a type of theatre that is different in its production and its artistic quality: the deconstruction of the story, the extension of actions outside the field of vision or the integration of the spectator within the show are in favour in the new places but also in the street, where the public is able to participate in festive theatre.  So, hats off to the artists from Café de la Gare!  And thanks for the huge laughs that you gave us.  For example, I remember the dialogue between Lhermitte, Anémone and Miou Miou in the cult “Le Père Noël est une ordure”.

Café de la Gare, 41 rue du Temple, 75004 Paris. Metro 1 Hôtel de
Ville / Metro 11 Hôtel de Ville et Rambuteau. Téléphone : 01 42 78 52 51. Site officiel : www.cdlg.org

Didier MOINEL DELALANDE

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